1. La « Poupée Dangereuse » (L’archétype de la Femme Fatale modernisée)
Le male gaze adore l’idée de la femme qui est à la fois séduisante et dangereuse. Harley incarne cet archétype de la « poupée brisée » : elle porte des vêtements courts, des talons ou des tenues moulantes, ce qui active immédiatement les codes de la séduction traditionnelle. Mais contrairement à une « femme fatale » classique qui utilise sa beauté pour manipuler par le sexe, Harley utilise son apparence pour désarmer ses adversaires avant de les massacrer. C’est le fantasme de la dangerosité féminine que l’on peut « dompter » (ou du moins regarder).
2. Le mélange d’innocence et de perversion
Le male gaze est souvent attiré par ce qui semble « prohibé ». Harley joue constamment sur ce terrain :
Le look « Lolita » revisité : Les couettes, les T-shirts graphiques, le côté un peu « enfantin » de ses accessoires (son marteau, sa batte) créent une fausse impression d’innocence. La perversion vient du fait que cette « innocence » est corrompue par la violence pure. Le spectateur est attiré par cette dualité : elle a l’air « mignonne » mais elle est profondément chaotique et imprévisible. C’est fascinant parce que cela défie la norme de la femme sage.
Dans le premier film (2016), le male gaze était très présent via la relation avec le Joker. Harley Quinn était présentée comme une « possession » (le tatouage « Property of Joker »). Pour beaucoup de spectateurs, cet aspect « soumise au Joker » renforçait son attrait parce qu’elle était l’objet du désir d’un méchant ultra-dominant.
