On parle souvent de diversité sur les podiums.
Beaucoup moins de ce qu’elle coûte à celles et ceux qui y accèdent.
Ces dernières années, certaines agences ont recruté de jeunes mannequins directement dans des camps de réfugiés, notamment en Afrique de l’Est — comme à Kakuma, au Kenya.
Présentées comme des opportunités de « liberté » ou de « renaissance », ces sélections rapides cachent parfois une réalité bien plus brutale.
Absence de contrôle médical.
Contrats signés sans réelle transparence.
Procédures accélérées.
Et surtout : un système de dettes.
Dans le mannequinat, les agences avancent souvent les frais (voyages, logement, visas, books).
Ces avances sont censées être remboursées progressivement à partir des contrats obtenus.
Mais lorsque ces jeunes mannequins n’obtiennent aucun travail — parfois après seulement quelques jours ou semaines à l’étranger — la dette, elle, demeure.
Ils sont alors renvoyés dans leur camp.
Sans suivi.
Sans revenus.
Mais endettés.
Des enquêtes, notamment celle du New York Times (2023), ont mis en lumière ces pratiques au sein du camp de Kakuma, où la quête de la « prochaine réussite internationale » s’est parfois faite au mépris des droits et de la dignité humaine.
Des initiatives comme Runway To Freedom, ainsi que des associations indépendantes, tentent aujourd’hui d’alerter, d’encadrer et de protéger ces talents vulnérables.
Car la question n’est pas seulement celle de la diversité visible sur un podium,
mais celle de la responsabilité réelle de l’industrie envers celles et ceux qu’elle met en avant.
Besos del Sol.
Voir cette publication sur Instagram
